Bonjour Amel ! Ce nouvel album arrive quelques mois après la fin de ta tournée.
Comment t'es-tu lancée dans ce projet ? La tournée aurait pu encore se poursuivre parce qu'il y avait toujours de nouvelles dates qui s'ajoutaient. Mais à un moment donné, je me suis dit que je baignais dans de bonnes vibrations et que c'était le moment ou jamais de faire une pause. J'ai senti que j'avais l'inspiration et que j'avais reçu tellement d'amour que je devais m'en servir.
Cette fin de tournée a-t-elle été une page facile à tourner ? Non, ça a été horrible ! Je l'avoue : j'ai eu un gros moment de bad trip, surtout la première semaine. Au bout d'un moment, c'est comme une deuxième famille et puis le public me manque aussi.
Plusieurs styles se côtoient sur ton album, entre Cette idée-là, un peu électro, et Un bout de papier, plus gospel. Tu refuses de choisir une voie, on dirait... Comme d'habitude ! C'est vrai que c'est plus représentatif de ce qu'était le premier album, moins "dark" que le deuxième. Je n'étais pas bien dans ma peau alors la soul et le R&B collaient plus aux thèmes. J'ai fait cet album sans fardeau, du coup, c'est plus large. D'ailleurs dans les premiers retours de fans, on me dit : "On t'a retrouvée ! On reconnaît la Amel Bent du début". Ca fait plaisir.
Quel est le message derrière le single Où je vais ? Cette chanson est née de ce que j'ai vécu en tournée, de cette peur de ce que va être la suite. Parce qu'on devient addict à l'amour que les gens vous portent alors que tout tient à un fil et reste parfois éphémère. Je me dis que je vis dans l'incertitude et l'instabilité totale mais ça ne me gêne pas. Ca m'intrigue, c'est tout !
Y avait-il de la pression au moment de rentrer en studio ? Non, pas du tout. Franchement, depuis le premier album, je n'ai jamais eu ce stress là. Même quand j'ai vu que les ventes du deuxième étaient moins bonnes, ça ne m'a pas touché. C'était plus important d'attirer des gens ensuite sur la tournée, des gens que j'allais voir et pour qui j'allais chanter sans intermédiaire. Et cette deuxième tournée, c'est ma plus belle fierté. Je pense que j'avais besoin de leur parler. Sur la première tournée, je venais d'arriver, je voulais avoir des belles robes, être jolie sur scène, entendre mon nom crié dans la salle. Pour la deuxième, j'ai juste compris ce qui était le plus important, j'ai compris qu'il y avait un truc super fort entre les gens et moi. Je dis juste les choses comme elles sont dans mon c½ur et je me rends compte que ça touche.
As-tu appris à vivre aussi avec l'idée que les gens peuvent s'immiscer dans ta vie privée ? C'est quelque chose que j'ai tout de suite accepté. Moi aussi je lis un peu les magazines mais je pense qu'il y a des limites à ne pas dépasser. Me concernant, elles ont parfois été franchies. On était dans le domaine de la méchanceté, c'était malsain et sans intérêt. Il faudrait qu'il y ait une éthique. Je suis pour la liberté de la presse mais le but ce n'est quand même pas de faire mal. Cela peut être un peu moqueur mais quand ça fait mal, ça me déplaît. Je ne fais pas tout ça pour souffrir. Ce métier est une passion, pas une souffrance.
Selon certaines rumeurs, tu pourrais te lancer dans la comédie...C'est faux ! On m'a fait des propositions mais j'ai refusé. Ce n'est pas parce qu'on est chanteuse ou artiste que l'on peut prétendre être actrice et demander un premier rôle. Si demain je dois faire du cinéma, je veux commencer normalement, faire un casting pour un petit rôle... et surtout pas pour celui d'une chanteuse ! Il y a des gens qui ont du talent et je ne voudrais pas prendre leur place simplement parce que je suis Amel Bent.
Un message à faire passer à tes fans, à ceux qui vont écouter l'album ? C'est un album que j'ai fait dans la sincérité, dans l'amour, dans la joie que les gens m'ont donnée. C'est un album humain dans lequel chacun peut se retrouver parce que je raconte les choses de la vie. C'est un album qui est pour tout le monde et qui est vrai. Et puis on se retrouve fin mars – début avril sur scène et à l'Olympia le 4 mai 2010.
Propos recueillis par Carole Bouchard, pour Evous.fr